Sophie Taeuber-Arp

Taeuber arp quatre plans irre guliers a volutes 1940

Quatre plans irréguliers à volutes, 1939. Tempera et crayon sur papier, 35 x 26,5 cm

Sophie Taeuber-Arp (1889, Davos - 1943, Zurich)

 

Sophie fait des études à l’école des arts et métiers de Saint-Gall en 1907, fréquente les ateliers d’apprentissage et d’essai pour les arts libres et appliqués à Munich à partir de 1910. Elle rejoint l’école des Arts appliqués de Hambourg en 1912. L’enseignement polyvalent que Sophie Taeuber reçoit dans ces écoles progressistes, sensibles aux courants contemporains, sera déterminant pour l’orientation de sa carrière. À la fin de ses études en 1914, elle s’installe à Zurich et dès l’année suivante, elle fait une percée solitaire vers l’abstraction, parallèlement aux mouvements qui naissent à la même époque en Russie (Malévitch), aux Pays-Bas (groupe De Stijl avec Van Doesburg, Mondrian, et Rietveld) et en Allemagne (Johanes Itten). Les compositions verticales-horizontales qu’elle commence à peindre à cette période impressionnent profondément Jean Arp, qu’elle a rencontré en 1915. En 1916, Sophie est nommée professeur à l’École des arts appliqués de Zürich, dont elle dirige la section textile. Mais les années de guerre sont surtout marquées par sa participation active au mouvement Dada. Elle fréquente le Cabaret Voltaire, lieu de naissance du mouvement, et s’y lie d’amitié avec Hugo Ball. Elle contribue aux chorégraphies, réalise les costumes et participe aux spectacles de danse. En 1918, Arp et Sophie Taeuber adhèrent au groupe Das Neue Leben (La Nouvelle vie) fondé par Marcel Janco et Fritz Baumann, dont l’objectif est d’intégrer l’art abstrait dans la vie quotidienne. C’est au cours de cette même année qu’elle réalise ses premières « Têtes Dada », ainsi que les marionnettes pour le Roi Cerf, conte satirique adapté de Carlo Gozzi et intégrant ouvertement Dada et la psychanalyse. C’est en secret qu’elle épouse Jean Arp à Pura dans le Tessin en 1922. En 1925, elle s’installe avec Arp à Paris, villa des Fusains, à Montmartre, dans le voisinage de Max Ernst, Joan Mirò, Paul Eluard, Magritte, Tristan Tzara. Mais dès 1926, le couple part pour Strasbourg, où il doit résider pour obtenir la nationalité française (Sophie Taeuber, Jean Arp et son frère François seront naturalisés français le 20 juillet 1926). Avec les honoraires perçus à Strasbourg, les Arp achètent en 1927 un terrain à Clamart-Meudon, sur lequel ils feront construire une maison-atelier, dont Sophie Taeuber conçoit entièrement les plans. Le début des années 1930, marqué par l’avènement du surréalisme, est celui de l’engagement dans les groupes qui défendent l’abstraction. En 1930, Sophie Taeuber devient membre de « Cercle et Carré », créé par Michel Seuphor et Torrès-Garcia, et expose avec les membres du groupe. Au milieu des années 1930, Sophie Taeuber et Arp sont de plus en plus soutenus par des collectionneurs suisses qui leur achètent des œuvres. En 1937, Sophie acquiert une notoriété internationale, grâce à l’exposition « Constructivistes » de Georg Schmidt au Kunstmuseum de Bâle où elle expose vingt-quatre œuvres. Avec le soutien du peintre et collectionneur américain A.E. Gallatin, Sophie Taeuber propose de créer une nouvelle revue internationale d’art contemporain, Plastique, dont le premier numéro sort en février 1937, et auquel participent César Domela, Jean Arp, I.K. Morris et A.E. Gallatin. En 1940, les deux artistes quittent leur maison de Clamart-Meudon, et finissent par se retrouver dans le sud près de Grasse chez les Magnelli, où les rejoint par la suite Sonia Delaunay, après la mort de son mari. Avec Arp, Magnelli et Sonia Delaunay, elle réalise une série de lithographies à deux, trois ou quatre, qui seront publiées en album en 1950. En 1942, elle rejoint la Suisse avec Jean Arp, espérant pouvoir émigrer plus facilement vers les Etats-Unis, où elle compte désormais des admirateurs fervents. Elle meurt accidentellement chez Max Bill le 12 janvier 1943, à l’âge de 54 ans, asphyxiée par les émanations d’un poêle à charbon.