Roberto Matta

Matta, composition, 1960

Sans titre, 1958. Huile sur toile, 114 x 146 cm

Roberto Matta (1911, Santiago du Chili - 2002, Civitavecchia)

 

Il étudie l’architecture à l'Université Catholique de Santiago. En 1933, il part pour l'Europe et voyage tout en travaillant chez des architectes, notamment chez Le Corbusier. En 1937, par l'intermédiaire de Dalí, il rencontre André Breton. Dès 1938 il participe à Paris à l'« Exposition Internationale du Surréalisme ». En octobre 1939 il part pour New York avec Yves Tanguy. Durant la guerre il se lie avec les artistes américains Gorky, Motherwell, Pollock et son influence au sein du milieu artistique de New York est reconnue : il expose avec eux et publie des textes dans les revues surréalistes. En 1948, il quitte les États-Unis et partage désormais son temps entre l’Italie et Paris où, à partir de 1954, il séjourne le plus souvent. En 1959, au Moderna Museet de Stockholm, Pontus Hulten organise sa première exposition en Europe mais c’est seulement en 1986, que le Musée d’Art moderne, Centre Georges Pompidou, lui consacre également une importante rétrospective. Matta a très tôt bénéficié du soutien d’André Breton et du groupe surréaliste : « L’élément dans lequel il plonge, écrit Breton, n’a rien à voir avec l’air physiquement respirable. Son monde, hors des réalités vécues, nous promène parmi des  immensités irrationnelles qui nous semblent pourtant familières par leur rappel d’états de rêves ». Son œuvre est présent dans les collections des principaux musées du monde entier et il est considéré comme l’un des artistes majeurs de la seconde moitié du XXe siècle.

Site web : www.matta-art.com

 

"Une fois engagé dans le maelström de l'automatisme absolu, Matta privilégie l'expérience émotionnelle des formes et des plans, des espaces et des univers. Il a l'ambition de recréer la peinture en délaissant la voie royale de la figuration et la voie contemplative de l'abstraction. Voulant rendre visible et tangible le mouvement des affects, l'artiste s'est autant fié à ses intuitions d'architecte et d'urbaniste, à ses essais d'expérimentateur et de cosmologiste qu'à ses prouesses de peintre [...] Loin de représenter quelque chose de catalogué, un tableau de Matta revient pour l'essentiel à laiseer vibrer les tonalités et les intensités d'un champ émotionnel."

(Georges Sebbag, extrait du catalogue de l'exposition Matta, galerie Thessa Herold, Paris, 2015)