Ljuba

Ljuba la ville des hommes mordus 1969

La Ville des hommes mordus, 1969. Huile sur toile, 130 x 160 cm.

Ljuba (1934, Tuzia - 2016, Belgrade)

Études à Belgrade à la Faculté d'Histoire de l'Art, à l'Académie des Arts Appliqués puis à l'Académie des Beaux-Arts. Ljuba participe à des expositions de groupe à Belgrade : "Nouvelles Formes de Surréalisme et de Relationnisme", "le Rêve et l'Imagination"... Après un premier voyage passé en grande partie au Musée du Louvre, il s'installe définitivement à Paris en 1963. Il rencontre René de Solier qui s'intéresse immédiatement à son œuvre. D'un esprit indépendant, Ljuba ne s'est pas approché du groupe surréaliste. À partir des années soixante-dix ont lieu d'importantes expositions personnelles à New-York, à Belgrade, à Bruxelles et à Paris, à la galerie de Seine, où il participe en 1973, avec de nombreux peintres surréalistes, à l'exposition "Philippe Soupault - Collection Fantôme"

 

Ljuba est un peintre qui sait ordonner son imagination avec rigueur. Son œuvre pourrait être perçue comme post-surréaliste, maniériste ou encore, comme baroque aux touches abstraites. Ljuba est un peinture d’imagination, aux tableaux d’aventures mais c’est également un homme de connaissance, de spiritualité. Charles Nodier le qualifiait d’homme atteint de « monomanie réflective » - doux état de la pensée où elle s’isole à plaisir de toutes réalités de la vie. Cette manie est aussi celle du rêve et de la méditation, qui donne à ses tableaux une fonction d’exercice spirituel et de support de réflexion. Sa connaissance de l’histoire de l’art est un élément primordial puisque Ljuba n’est pas un peintre de la rupture entre l’ancien et le moderne mais plutôt un peintre du dépassement dans la continuité. Il ne s’agit pas pour lui de démériter les peintres du passé qu’il admire, ni de subir leur influence malgré lui. Ljuba peint ce qui lui appartient. Liant ainsi avec brio ce qui émane de son imagination et de sa connaissance et confèrant à son œuvre un caractère original, la peinture de Ljuba relève d’une esthétique ontologique,  qui ne vaut qu’en fonction du contenu qui la transcende, contrairement à l’esthétique traditionnelle qui juge la forme en priorité. Ljuba met sa vérité, dans son sens heideggérien, au service de l’art.