Francis Picabia

Picabia le cheval blanc

Le Cheval blanc, 1925-1927. Aquarelle et pierre noire sur papier, 25 x 32,5 cm.

Francis Picabia (1879, Paris - 1953, Paris)

 

Élève de Pissaro à l'École des Beaux-Arts de Paris, il commence à peindre avec virtuosité d'une manière impressionniste et sa première exposition en 1905 est un triomphe. Dès 1909, il change de style et peint Caoutchouc annonçant les prémices de la peinture abstraite. Rencontre avec Marcel Duchamp en 1910, séjourne à New York durant l'« Armory Show » de 1913 et collabore avec Stieglitz à la revue Camera-Work 291. Avec Duchamp, il est à l'origine du mouvement Dada. De retour en Europe, Picabia développe sa période mécanique (1916-1921). Il est à Barcelone en 1917, expose à la galerie Dalmau et fonde la revue 391. À Zurich, en 1918, il signe le Manifeste Dada de Tristan Tzara et sert de lien à Paris entre ce dernier et la revue Littérature animée par Aragon, Breton, Eluard et Soupault. En 1921, il s'éloigne de Dada pour suivre André Breton quand celui-ci pose les fondements du Surréalisme, et peint des scènes de carnaval avec des personnages bariolés puis, entre 1925 et 1935, des « Transparences », où il superpose plusieurs motifs. Picabia participe à de nombreuses expositions surréalistes : 1928, Paris, « Exposition Surréaliste », galerie Au sacre du printemps ; 1929, Kunsthaus de Zurich ; 1936, Londres, « The International Surrealist Exhibition », New Burlington Galleries ; 1936-1937, New York, « Fantastic Art, Dada, Surrealism », MoMA...  partir de 1945, il peint des compositions abstraites qu'il nomme « sur-irréalistes ». Il est présent à l'« Exposition Internationale du Surréalisme » (E.R.O.S.), galerie Daniel Cordier à Paris en 1959-1960. Tour à tour impressionniste, cubiste, dadaïste, surréaliste et abstrait, Francis Picabia est considéré, en tant que peintre ou écrivain, comme le précurseur des principales tendances de l'art moderne du XXe siècle.

Site web : www.picabia.com

Picabia était une vraie mine de découvertes pour lui-même et un arsenal inépuisable de moyens de destruction, de négations, de contradictions et de paradoxes de toutes sortes, qui allait de la mise en boîte jusqu’à la diffamation. Tout cela était au service, si l’on ose dire, d’une débordante négation de la vie qui stimulait son dynamisme. La négation de l’art était incluse dans celle de la vie. Cependant, cette négation de l’art était démentie chaque jour, avec les moyens artistiques les plus raffinés, les plus surprenants et des inventions toujours nouvelles, pour être confirmée, puis démentie à nouveau. Derrière tout cela se cachait un besoin de liberté et d’indépendance qui ne devait jamais le laisser en paix, ni ses amis ou ennemis, ni 391, ni toutes les autres revues, variantes de 391, qu’il a éditées. La place à laquelle Picabia avait relégué l’art était semblable à un trou dans le néant. Mais malgré la lutte fanatique, quasi désespérée que Picabia a menée contre l’art qu’il envoyait théoriquement à tous les diables, il n’a jamais pu réellement s’en détacher.

Hans Richter, Dada-art et anti-art