Camille Bryen

Camille Bryen

Sans titre, 1947. Aquarelle et encre, 48 x 31 cm.

Camille Bryen

 

Né à Nantes en 1907. Bryen se fixe à Paris en 1926. À vingt ans, il publie Opopanax, son premier recueil de poèmes. Influencé par Dada puis par le Surréalisme, ses poèmes sont proches de ceux publiés dans leurs revues. En 1935, il expose des dessins automatiques au Salon des Surindépendants puis participe à l'Exposition Surréaliste à la Louvrière (Belgique) avec Jean Arp, René Magritte, Max Ernst... Bryen crée également des sculptures avec des objets hétéroclites dans l'esprit dada qu'il place et abandonne ensuite dans la nature inventant ainsi le concept de sculpture éphémère. Photographiées par Raoul Ubac, ces oeuvres seront publiées dans L'Aventure des Objets en 1936. Bryen signe avec Breton, Artaud, Adamov... le manifeste Les Brûlots de la Peur en 1945 ; la même année, il prend part à Bruxelles, galerie La Boétie, à l'exposition Le Surréalisme. En 1947, il participe à la création de la Non-Figuration Psychique et exécute deux ans plus tard ses premières peintures sur toile qui le font nommer "Père du Tachisme". Il est présent dès l'origine en 1952, dans les manifestations du mouvement Phases fondé par Édouard Jaguer qui lui attribue une salle lors de l'exposition Phasen au Stedelijk Museum à Amsterdam en 1957. Il expose en 1960 à la Biennale de Venise, et l'année suivante à celle de Sao Paulo. À Paris, le Musée National d'Art Moderne lui consacre une importante exposition en 1973.  Camille Bryen est décédé à Paris en 1977.  Une importante partie de son oeuvre se trouve aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts de Nantes où une rétrospective rendant hommage à l'ensemble de son travail a été organisée en 1997. 

 

Malgré des influences dadaïstes et surréalistes incontestées, Camille Bryen n’a jamais voulu faire partie de groupes dont la liberté était restreinte. Adepte de l’écriture automatique et des associations libres, c’est en qualité de poète que Bryen fut d’abord remarqué. Il aborda la peinture de la même manière qu’il le fit auparavant avec la poésie, c’est-à-dire comme un moyen de se révolter, d’aimer et de se connaître. Inspiré par Rimbaud, Bryen fera de la notion de l’informel, notion ambiguë et poétique, le maître mot de sa peinture. Il s’agit pour lui d’un champ d’expérience totalement neuf, qui, par une écoute avec son moi profond et viscéral, constitue un prolongement des sens, de sa pensée et de sa façon d’être. En ce sens, on pourrait qualifier l’œuvre de Bryen de psychique, immatérielle et globale, avec ses contradictions, ses masques et ses ambiguïtés, malgré sa quête éternelle d’apporter la vérité absolue.