Francois Rouan

Rouan odalisque flandres vii

Odalisque Flandres VII, 2010. Peinture à la cire sur toiles tressés, 172 x 149 cm.

François Rouan (1943, Montpellier) 

 

Études à l’Ecole des Beaux Arts de Montpellier. Arrive à Paris en 1961. Entre à l’Ecole des Beaux Arts, dans l’atelier de Roger Chastel. Il y rencontre notamment Claude Viallat, Joël Kermarrec, Jacques Poli, Daniel Buren, Michel Parmentier, Pierre Buraglio. À partir de 1965, expérimente différents types de procédures (incision, recouvrement, intrication, puis tressage) d’abord en petit format, et avec des papiers. Présente à la 4ème Biennale des Jeunes de Paris une toile de 4 x 8 m, sur laquelle sont montés des collages de papiers gouachés et une citation de Henri Michaux sur la ville. Années soixante : premiers tressages de toiles.
En 1971, il obtient une bourse pour la Villa Medicis (Académie de France à Rome) alors dirigée par Balthus avec qui il se liera d’une profonde amitié.  Visites régulières de Jacques Lacan, qui lui achète des dessins, et de Pierre Matisse, qui deviendra son marchand, et l’exposera dans sa galerie de New York (de 1972 à 1988). Il expose en 1975 « Douze Portes » au Musée National d’Art Moderne, Paris. 
En 1978, importante exposition au Musée Cantini, à Marseille. Jacques Lacan écrit un texte, accompagné de dessins de « nœuds borroméens », pour le catalogue. 
Exposition rétrospective au Musée national d’Art Moderne, Centre Pompidou, Paris, en 1983.
Réalise en 1989 des esquisses de vitraux (à partir de gouaches découpées) pour les chapelles basses de la cathédrale de Nevers
Les cartons peints quelques années plus tôt tressent les thèmes du jardin, des coffrets, et des Selon ses faces. Parution de La Figure du fond, texte de Denis Hollier et dessins de François Rouan, aux éditions Galilée. En 1994, réalisation des vitraux de l’église Saint Jean-Baptiste de Castelnau-le-Lez (Hérault).
Rétrospective en 1997 au Sezon Museum of Art, Tokyo.
En 2000, plusieurs expositions personnelles, à Pékin (Institut des Beaux Arts), aux Sables d’Olonne (Musée de l’Abbaye Sainte Croix), reprise à Altkirch, à Paris (FIAC, Galerie Daniel Templon). Invité en 2001 à l’exposition collective « As Painting : Division and Displacement », organisée par le Wexner Center for the Arts, Columbus (Ohio). 
En 2005, exposition-dialogue avec Simon Hantaï, à la Galerie Jean Fournier
Réalise plusieurs films, Le petit objetChiquenaude dans l’abîme, et Pierre à Laversine – ce dernier projet en rapport avec le dialogue initié en 2002 avec Pierre Guyotat. 

Site web : francoisrouan.net

« La peinture de François Rouan nous enveloppe précisément dans ce corps de mémoire, avec tout ce qu'il a d'hybride, de rapiécé. Cette richesse, ou cette ouverture de l'œuvre est celle du peintre lui-même tel qu'il se représente, tel qu'il se donne à voir, sa vérité en peinture. Cette peinture qu’il définit comme indéfendable, et pourtant à défendre envers et contre tout, à la fois fragile et vulnérable. Peinture double, duplice : la délicieuse et terrible gratuité de cette palpitation particulière : le tableau. Peinture bruissante et brisante, tout naturellement opposée à une peinture dans laquelle on n'entend rien : Du tableau, je n’attends pas autre chose que des procédures d’écoute de « ce monde sourd des entrailles, tout l’envers noir du corps que tapissent de longs rêves sans yeux » (pour le dire avec les mots de Michel Foucault). »

Emmanuel Guigon, extrait du catalogue Une Histoire d'Odalisques publié en 2013 à la galerie Thessa Herold. 

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