du 24 mai au 28 juin 2008
Manuel Rivera
Œuvres 1959 - 1993

Espejo herido XIII, 1988 - Toile métallique, 130 x 89 cm
Né en 1927 à Grenade, en Espagne, Manuel Rivera y fait ses études et restera toute sa vie imprégné par la lumière de l’Andalousie. En 1951 il s’installe à Madrid et en 1957 avec notamment Canogar, Feito, Millares, Saura, Chirino il participe à la création du groupe El Paso qui consacre l’introduction de l’art informel en Espagne. À la suite de sa participation à la IVe Biennale de São Paulo, une salle entière lui est consacrée à la XXIXe Biennale de Venise où il obtient une reconnaissance internationale. Il est alors sollicité à New York par Pierre Matisse pour participer dans sa galerie à une exposition sur le groupe El Paso, tandis que le MoMA et le Guggenheim Museum présentent ses œuvres et en acquièrent pour leurs collections permanentes. Dès 1960 Pierre Matisse décide de le représenter en exclusivité aux États-Unis à la suite de sa première exposition personnelle dans sa galerie à New York.
Daniel Cordier à Paris et Juana Mordó à Madrid le représentent en Europe. En 1964 il reçoit le prix Kaufmann du Carnegie Institute de Pittsburg et le prix d’Honneur de la IIIe Exposition internationale de Tokyo. La galerie Pierre Matisse lui consacre une nouvelle exposition personnelle avec la première série des Espejos. L’année 1976 est marquée par une importante rétrospective de son œuvres au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris où en 1987 il participera à la grande exposition Le Siècle de Picasso. En 1994 les musées d’Essen et d’Altenbourg en Allemagne, lui consacrent une importante exposition personnelle.
Manuel Rivera meurt à Madrid le 2 janvier 1995.
Manuel Rivera a participé dans le monde entier à toutes les grandes expositions collectives sur El Paso et plus généralement sur l’avant-garde espagnole du XXe siècle. Ses œuvres sont présentes dans les collections des grands musées d’art moderne et des grandes institutions d’Espagne, mais aussi : à la Tate Gallery, Londres ; à la Kunsthalle, Manheim, au Stedelick Museum, Amsterdam ; au Musée d’Art et d’Histoire, Genève, au Musée d’Art Moderne, Zurich, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris…et aux Etats-Unis : au MoMA, au Guggenheim Museum à New York ; au Carnegie Institute à Pittsburg …
À Grenade, je m’imprègne de lumière et non de couleurs. Car à Grenade il n’existe pas de couleur à proprement parler mais tout est lumière. Une lumière de nuances infinies et surtout de transparences…
J’ai vécu à Grenade jusqu’à l’âge de vingt-quatre ans. À l’Alhambra, j’ai souvent peint des bassins d’eau calme et profonde, mystérieuse, presque immatérielle. Je crois que mon désir de les recréer apparaît dans mon œuvre actuelle. Les tours de l’Alhambra, les patios intérieurs, les jardins à la luminosité sous-marine, les dentelles de stuc… la magie de tous ces lieux aperçus à travers les jalousies est présente dans mon œuvre.
J’admets que certains de mes premiers tableaux avaient un aspect géométrique, encore qu’il serait plus juste de parler de constructivisme. Cependant je peux affirmer que le principal enjeu dans mon œuvre était de résoudre la question pour moi fondamentale : comment, à partir d’un matériau original, exprimer l’informalisme avec rigueur. Mais il se trouve que c’était ce matériau-même qui aboutissait au constructivisme : fil de fer, lignes tendues, toile métallique découpée en formes irrégulières mais correspondant presque toujours à des formes prédéfinies…
Dans mes œuvres, le treillage se complique lorsque j’utilise deux toiles métalliques superposées qui font surgir le relief, mais il y a surtout un élément essentiel, très difficile à contrôler, la lumière. En effet, cette lumière doit pouvoir envahir les entrelacs suivant ses propres caprices, mais également suivant mes propres choix. C’est ici que commence le jeu pour ne pas dire le rêve.
Manuel Rivera, 1975