F A R H A D  O S T O V A N I

 

Le jardin d’Alioff

 

exposition du 27 mai au 10 juillet 2010

 

  Né en 1950 en Iran, Farhad Ostovani commence à peindre à l’âge de douze ans sous la tutelle d’un peintre traditionnel. En 1970 il entre au département des Beaux-Arts de l’Université de Téhéran avant de rejoindre, quatre ans plus tard, l’École des Beaux-Arts de Paris. Dès lors, il voyage au Moyen-Orient, aux États-Unis et en Europe. En 1982, afin de parfaire sa formation, il s’installe à Rome où il exécute une série de peintures d’après la colline du Janicule. En 1986, voyage aux Etats-Unis où, à l’Academy of Fine Arts de Philadelphie, il enseigne le pastel. À son retour en France, où il s’installe définitivement, il fait la connaissance du poète Yves Bonnefoy intéressé aussitôt par son œuvre et entre eux se tissent des liens profonds d’estime et d’amitié : Ostovani illustrera plusieurs recueils de ses poèmes. De nombreuses expositions de ses œuvres ont lieu : d’abord au Centre culturel français de Téhéran en 1973, à Los Angeles, à la galerie Herbert Palmer en 1987 et en 1992, puis en 1997 à la galerie Louis Stern ; à Paris, à la galerie Nicole Bélier en 1990 et 1992, à la galerie François Majault en 1991, à la galerie Lambert-Rouland de 1999 à 2009. Bernard Blatter, directeur du Musée Jenish de Vevey, lui consacre en 1996 une rétrospective et en 2003, une autre exposition a lieu à Amsterdam au Musée Rembrandt. En 2009, la série « Variations Goldberg » est exposée au Château de Tours…

  Jardin d'Alioff, huile sur toile, 171 x 171 cm, 1990

Pour Farhad Ostovani, le jardin d’Alioff, celui de son enfance, s’étend autour de la « maison » dont seuls les contours sont signifiés. Le thème du jardin iranien, lieu de relaxation spirituelle et récréative, idéal dans sa structure et ses proportions, est ici remanié car Ostovani transforme le jardin de ses jeux d’enfant en paradis perdu pour l’homme mûr qu’il est devenu. Autour du thème récurrent de la nature, il exploite à la fois la majesté des arbres et des montagnes pour prolonger sa réflexion sur les bonheurs et les drames de la vie. Central dans le jardin d’Eden, pilier naturel de l’espace, l’arbre se prête aux jeux d’ombres, enchante par la musicalité de son feuillage et offre sous ses ramifications un asile à la méditation. Un tronc dénudé ou une branche morte sont des souvenirs d’une même essence, tout comme les silences scandent les partitions musicales. La montagne, monumentale et sombre, surplombe le jardin d’Alioff. Elle fait partie intégrante du paysage, fusionnant avec la verdure qu’elle plonge dans l’obscurité et avec l’horizon qu’elle découpe abruptement. L’artiste utilise la matérialité du bois dans ses panneaux ornés de troncs en relief, la fluidité du trait ou encore un mélange d’huile et de pastel pour évoquer avec élégance la diversité harmonieuse de la nature. Couleur inexistante dans le prisme, le gris règle l’espace pictural. Il génère à la fois lumière et ombre, jour et nuit ; il est le trait d’union entre les différentes images-souvenirs que nous présente Farhad Ostovani. 

 

Jardin d'Alioff, huile sur toile, 81 x 81 cm, 1989


À cette occasion un catalogue est édité

comprenant une préface de Yves Bonnefoy

et la reproduction des œuvres exposées